Auteur :

Yannick KASSA

Publié le :

24 septembre 2021

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Le Gabon devient le pays le plus riche d’Afrique

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Le Gabon vient d’être désigné pays le plus riche d’Afrique. Il dépasse ainsi le Botswana en termes de richesse par habitant. Cette performance est du fait des plus hautes autorités du pays, qui ont lancé le pays dans un vaste chantier de diversification économique tout assurant la préservation de l’environnement.

Le pays le plus riche d’Afrique en termes de richesse par habitants

Selon les données récemment publiées par la Banque Mondiale et relayée par le Centre d’Étude et de Réflexion sur le monde Francophone, le Gabon est devenu le pays le plus riche d’Afrique, devant le Botswana. Le pays de 2 230 908 habitants affiche un PIB par habitant de 7 000 dollars contre 6 711 dollars pour le Botswana.

Une économie désormais diversifiée

8e producteur de pétrole en Afrique (36e au niveau mondial) ainsi que premier producteur de manganèse du continent et 3e mondial (en passe d’en devenir le second, derrière l’Afrique du Sud), le Gabon doit sa performance à une « politique volontariste en matière de diversification menée au cours de la dernière décennie, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), lancé en 2009 ». Lequel visait à sortir le pays de sa forte « dépendance aux industries extractives, tout en œuvrant à en tirer davantage profit » en transformant localement une partie de la production de ses richesses, ce fut notamment le cas avec le bois d’Okoumé. Depuis le 1er janvier 2010, le Gabon interdit « l’exportation de grumes afin de valoriser la filière bois à travers la transformation locale avant exportation, et avec à la clé la création d’un tissu industriel source d’une valeur ajoutée bien plus importante ».

Les autorités du pays ne se sont pas contentées de transformer localement les produits. Ils ont également lancé depuis quelques années un plan d’investissement « dans les services en développant notamment le secteur du numérique, et plus récemment le tourisme ».

Dans l’idée d’attirer les investisseurs étrangers, le gouvernement a décidé de la création d’une « vaste zone franche s’étendant sur 1 126 hectares à proximité de la capitale », c’est la naissance de la zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Créée en partenariat avec l’entreprise singapourienne Olam, géant mondial de l’agroalimentaire. Cette zone abrite près de 80 entreprises et représente à elle seule un tiers de la production nationale de bois transformé au Gabon.

Cette politique d’investissement a multiplié par deux le « poids de cette filière dans l’économie nationale, qui pèse désormais pour près de 5 % du PIB et 13 % des exportations de marchandises (13,5 % en 2020) ». Grâce à ces initiatives, le Gabon est devenu en quelques années, le 1er producteur de contreplaqués en Afrique et le 3e au monde. Par ailleurs, « la première usine de fabrication de colle pour contreplaqué vient tout juste de démarrer sa production, en septembre dernier, et constitue une première dans les pays de la zone Cemac ».

Outre la filière bois, « le Gabon a également porté son attention sur le secteur agricole et les industries agroalimentaires ». Ainsi, de nombreux programmes ont été mis en œuvre dans le cadre du PSGE. C’est le cas notamment du « Plan national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNIASAN) et le programme Graine lancé en 2014 ».

Dans le même sillage, dans le cadre du Plan d’accélération de la transformation (PAT), le gouvernement a adopté « une loi imposant aux entreprises actives dans le domaine de la distribution alimentaire de se fournir à hauteur de 50 % auprès de producteurs locaux pour leurs stocks de produits frais et transformés ». Une loi « visant à parvenir à la souveraineté alimentaire sur un certain nombre de produits stratégiques, et à réduire de moitié les importations de produits alimentaires, transformées ou non ». Cette production agricole s’appuiera sur un futur centre de recherche et développement dédié au secteur, dont la création a été annoncée en juin dernier.

En outre, en 2020, les exportations d’huile de palme ont grimpé de 59 %, et représentaient déjà 0,6 % des exportations du pays, quelques années seulement après les premières plantations d’arbres. Le Gabon qui inaugurait en 2017 la plus grande usine d’huile de palme du continent, ambitionne d’en devenir le troisième producteur du continent et le premier exportateur.

Conscient que le numérique est un outil de prou dans le développement d’une nation, le gouvernement a décidé de la construction « d’un réseau haut débit à fibre optique (dès 2012), la numérisation de l’administration, le soutien à la transformation numérique des entreprises (à travers notamment de la création de Sociétés d’incubation numérique du Gabon – SING, en 2018, et dans le soutien aux jeunes créateurs de startups, de plus en plus nombreuse ».

Ces politiques ont été à l’origine de 14,5 % des exportations de biens du pays en 2019, soit plus du double que pour le Botswana [+99 % environ] qui affichait un taux de seulement 7,3 %.

Grâce à ces nombreux investissements, et ce malgré la pandémie de la Covid-19, le Gabon est parvenu à limiter la baisse de son PIB à seulement -1,3 %, bien moindre que celle connue par le Botswana [-7,9 %].

Toutes ces mesures ont été prises pour promouvoir la production locale. C’est ainsi que la production de gaz butane devrait atteindre 40 % d’ici deux ans. Ce qui participera grandement à réduire les importations du pays.

Le pays s’est également engagé dans de grandes réformes « administratives, mais aussi juridiques et fiscales, visant à faciliter la création d’entreprise et à améliorer le climat des affaires ». Ainsi, l’on a vu la création « d’un guichet numérique à l’investissement (GNI, ayant notamment permis de réduire le délai moyen de création d’une entreprise de 30 jours à 3 jours seulement, ainsi que les coûts indirects), la réduction du délai d’obtention d’un permis de construire de 90 à 15 jours, la réduction du délai de raccordement au réseau électrique de 75 jours à 30 jours, ou encore l’abaissement considérable du montant du capital minimum nécessaire à la création d’une Sarl, passée de 100 mille à seulement 5 mille francs CFA ».

Le secteur touristique n’étant pas en reste bien que ne représentant qu’un peu moins de 2,5 % du PIB. Avec sa faune et sa flore luxuriante, le Gabon ne manque pas d’atout avec ses 13 parcs nationaux (soit 11 % du territoire national) qui abritent plus de la moitié de la population d’éléphants d’Afrique.

Sur le plan sanitaire, le Gabon se distingue sur la scène internationale « en étant l’un des deux seuls pays du continent à disposer d’un laboratoire de type P4, avec l’Afrique du Sud (laboratoire habilité à manipuler les virus les plus dangereux de la planète, comme le virus Ebola) ». De plus, « toujours dans le registre de la santé, il est à noter que le Gabon se distingue également par son assez bonne maîtrise de la progression du VIH (ou Sida), avec un taux de prévalence de 3 % de la population âgée de 15 à 49 ans en 2020 ».

« Dans le domaine de l’électrification, le taux d’accès à l’électricité s’élevait à 90,7 % de la population gabonaise fin 2019, plaçant le pays au premier rang en Afrique subsaharienne devant l’Afrique du Sud (85 %) et loin devant le Botswana (8e, avec un taux de 70,2 %) ». De même, le Gabon est à la pointe des nouvelles technologies et se place à la deuxième place des pays les plus connectés d’Afrique subsaharienne et à la quatrième place au niveau continental. En outre, « les utilisateurs d’internet y représentaient 61 % de la population en 2019 ».

Par ailleurs, même si des progrès demeurent à accomplir, le développement économique et l’enrichissement du pays profitent à la quasi-totalité de la population, comme en témoigne le faible taux d’extrême pauvreté qui s’établissait à seulement 3,4 % de la population en 2017.

Tous ces progrès permis au Gabon de se classer au 4e rang en Afrique subsaharienne en matière de développement humain, et au 8e rang continental, selon le dernier rapport de la fondation Mo Ibrahim.

Toujours dans l’optique de moderniser le pays, les autorités ont entamé de grands chantiers d’infrastructures tels que celui de la Transgabonaise. Une route longue de 820 km, qui doit relier Libreville à Franceville. Toutefois, il sied de souligner que ces travaux se déroulent dans le respect de l’environnement, domaine dans lequel le Gabon est un bon élève. « À titre d’exemple, la filière bois, qui est en plein essor devrait être certifiée FSC d’ici 2022 ». Aussi, « les plantations effectuées dans le cadre du développement de la production d’huile de palme et d’hévéa ont été presque entièrement réalisées sur des terres non ou faiblement boisées, afin de préserver la forêt équatoriale ». C’est dans cette optique de préservation de son environnement que le Gabon a été en 2019, le premier pays africain à bénéficier de fonds internationaux en soutien à la lutte contre la déforestation, dans le cadre d’une initiative lancée par l’ONU.

Un avenir bien radieux

Au regard de ce qui précède, il convient de souligner que le Gabon n’a pas usurpé sa place de pays le plus riche d’Afrique en termes de richesse par habitant. Les nombreux chantiers entamés par le gouvernement et les résultats qui en résultent en sont la preuve. Néanmoins, comme toute entreprise humaine, il n’y a point de perfection, il y’a donc encore matière à travailler. Ainsi, le développement significatif de certains secteurs permettrait au pays d’accroître encore un peu plus sa richesse nationale et consolider sa position de pays le plus riche du continent. Cela passe notamment par le Plan d’Accélération de la Transformation initié par le gouvernement de la République en début d’année. Le nouveau fer de lance de l’économie gabonaise participera davantage à hisser le pays encore plus haut. Non pas seulement au niveau continental, mais bien au-delà.

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