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Gabon 24

Publié le :

11 juin 2021

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Exploitation illégale de bois au Gabon : une «mafia» chinoise au cœur du fléau

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La forêt tropicale gabonaise, deuxième poumons de la planète avec ses 22 millions d’hectares, est en proie à plusieurs menaces parmi lesquelles : l'exploitation illégale.

L’or vert du Gabon compte plus de 400 espèces d’arbres exploitées par différentes sociétés étrangères, notamment chinoises. Cependant, au Gabon, 1/3 de l’exploitation forestière est illégal. Une situation somme toute alarmante, qui a contraint les plus hautes autorités à agir pour endiguer ce fléau qui menace la biodiversité locale.

Couvrant 85 % de la superficie du pays, la forêt gabonaise constitue sa deuxième source de revenus financière après le pétrole (l’or noir).

Avec la demande croissante mondiale, l’industrie du bois a attiré au fils des années, de nombreux investisseurs dans le pays, entraînant ainsi une augmentation significative du nombre de bois exploités. Par la même occasion, cette attractivité qu’offre l’industrie du bois au Gabon a fait naître un nouveau fléau : « l’exploitation illégale » de ces ressources.

Soutenue par le gouvernement gabonais, une organisation internationale, l’Agence d’enquête environnementale (EIA) en 2017 a enquêté sur ce phénomène qui affecte l’économie locale et sa flore.

L’enquête réalisée par EIA Fundings a révélé la « mafia » orchestrée par certains opérateurs forestiers, notamment les entreprises chinoises. En effet, ces entreprises ne respectent pas les mesures gouvernementales mises en place pour éviter la déforestation et l’exploitation illégale des forêts.

Pour maximiser leurs profits et obtenir un retour sur investissement en temps opportun, les exploitants forestiers n’hésitent pas à soudoyer les populations locales, notamment les gouverneurs, les agents chargés de veiller au strict respect des procédures, ainsi que certains hauts fonctionnaires du ministère gabonais des Eaux et forêts.

Tel que rapporté par l’agence, un responsable d’une des plus grandes entreprises chinoises d’exploitation de bois au Gabon, Wan Chuan Timber Sarl (WCTS) a révélé avoir soudoyé des agents quand il en avait l’occasion.

« On ne peut pas survivre en suivant les règles », a-t-il déclaré en caméra cachée.

En plus du non-respect des normes d’exploitation édictées par le Gouvernement, les entreprises chinoises n’assument pas totalement leur rôle d’employeur. En effet, celles-ci sous-payent ses employés, par conséquent, ces derniers, non couverts socialement, se retrouvent exposés en cas d’accident de travail.

Pour endiguer ce fléau qu’est l’exploitation illégale du bois, les plus autorités de l’État en tête desquelles le président de la République Ali Bongo Ondimba ont imposé une nouvelle loi interdisant l’exportation de bois. Ceci pour promouvoir la transformation locale et les exportations de produits manufacturés qui elles-mêmes génèrent de l’emploi.

Avec un système de traçabilité des produits bois « MINEF », le gouvernement peut mieux réguler ce secteur. Car il permet « à l’Administration forestière, douanière et fiscale de disposer de données fiables sur l’acheminement des produits bois, en temps réel, depuis la forêt jusqu’à leur destination (port d’exportation ou usine de transformation) et ainsi d’extraire des détails à toutes les étapes de l’exploitation avec des étiquettes et des codes-barres (abattage, transport, transformation, empotage, distribution) à l’aide de technologies mobiles performantes ». Tout ceci permettant d’améliorer la lisibilité de la fiscalité forestière.

Sans aucune volonté de contribuer au développement du Gabon, ces actes entraînent des conséquences à la fois financières et environnementales. Les opérations d’abattage illégales massives exécutées en dehors des zones autorisées entraînent la destruction d’aires protégées telles que les parcs nationaux, ce qui affecte grandement la faune locale.

L’exploitation forestière illégale a entraîné une chute incroyable du marché de l’okoumé dans le monde. Certains pays refusant d’acheter du bois « sale » ou illégal ont cessé d’acheter le bois du Gabon conformément à la loi Lacey ; « une loi américaine qui protège la faune sauvage contre le trafic ». De fait, elle interdit le commerce d’animaux sauvages, de poissons et de plantes qui ont été illégalement capturés, possédés, transportés ou vendus.

Modifiée en 2008, elle englobe désormais les produits végétaux et constitue ainsi la première interdiction visant le commerce de produits bois de provenance illégale. En effet, « en vertu de la loi modifiée, il est illégal d’importer, d’exporter, de transporter, vendre, recevoir, acquérir et acheter, dans le cadre du commerce international ».

 

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